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Vendredi 8 juin 2007


Un p'tit coqu'licot
de l'Île de Ré




Tous les ans, à cette époque, celle où fleurissent les coquelicots, au beau milieu des champs de blé, j'ai une pensée émue pour Marcel Mouloudji, que j'ai eu la chance de connaître, dans les années 70.





Faut dire que dans une semaine, le 14 juin prochain, cela fera déjà 13 ans qu'il nous a quitté. Il repose en paix depuis, au cimetière du Pére Lachaise à Paris.

Jacques Canetti, patron du cabaret les Trois Baudets à Paris et célèbre agent artististe des années 50, lui fit enregistrer "Comme un p'tit coqu'licot".

Sur des paroles de Raymond Asso et une musique de Claude Valéry, cette chanson écrite en 1951 , interprétée par Mouloudji , obtint le Grand Prix du disque 1953 ainsi que le Prix Charles-Cros en 1952 et 1953.




"Comme un p'tit coqu'licot"



Le myosotis, et puis la rose,

Ce sont des fleurs qui dis'nt quèqu' chose !
Mais pour aimer les coqu'licots
Et n'aimer qu'ça... faut être idiot !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà :
Quand j't'aurai dit, tu comprendras !
La premièr' fois que je l'ai vue,
Elle dormait, à moitié nue
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu d'un champ de blé.
Et sous le corsag' blanc,
Là où battait son coeur,
Le soleil, gentiment,
Faisait vivre une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.






C'est très curieux comm' tes yeux brillent
En te rapp'lant la jolie fille !
Ils brill'nt si fort qu'c'est un peu trop
Pour expliquer... les coqu'licots !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà
Quand je l'ai prise dans mes bras,
Elle m'a donné son beau sourire,
Et puis après, sans rien nous dire,
Dans la lumière de l'été
On s'est aimé ! ... on s'est aimé !
Et j'ai tant appuyé
Mes lèvres sur son coeur,
Qu'à la plac' du baiser
Y avait comm' une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.








Ça n'est rien d'autr' qu'un'aventure
Ta p'tit' histoire, et je te jure
Qu'ell' ne mérit' pas un sanglot
Ni cett' passion... des coqu'licots !
Attends la fin ! tu comprendras :
Un autr' l'aimait qu'ell' n'aimait pas !
Et le lend'main, quand j'lai revue,
Elle dormait, à moitié nue,
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu du champ de blé.
Mais, sur le corsag' blanc,
Juste à la plac' du coeur,
Y avait trois goutt's de sang
Qui faisaient comm' un' fleur :
Comm' un p'tit coqu'licot, mon âme !
Un tout p'tit coqu'licot.






Marcel Mouloudji m'a laissé le souvenir d'un homme talentueux, généreux et sensible. Mais, à mon humble avis, il n'a pas bénéficié d'une notoriété à la hauteur des ses multiples talents.

Nombreuses en effet, furent les facettes des Arts où il brilla. Le théâtre, le cinéma, l'écriture, la peinture et la chanson remplirent la vie de cet artiste vrai, qui restera pour moi, un homme intègre, qui refusa de sacrifier ses convictions à sa carrière.

Pich

par pich publié dans : pichtou communauté : Île de Ré
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