Le Fier d'Ars en Ré
22ème site Ramsar
J'ai entendu ce matin sur France Bleu La
Rochelle, que le banc du Bûcheron, banc de sable qui s'étend, au sortir du Fier d'Ars, avait avancé de 500 m en direction du fier, en 60 ans. Cette constatation a été faite par comparaison de
photos aériennes récentes, avec des vues prises en 1946, à l'occasion de la journée mondiale des zones humides.
Le Fier d'Ars est le 22ème site RAMSAR inscrit sur la liste mondiale des zones
humides, pour son écosystème remarquable.
Vue
aérienne du Fier d'Ars
(Photo Michel Le Collen)
Comme on le voit sur cette photo aérienne d'Ars en Ré, le chenal qu'empruntent les navigateurs ,
au sortir du port, débouche dans le fier d'Ars.
C'est une baie ouverte sur la mer et le Pertuis Breton, dont on découvre toute l'étendue, à marée basse. Elle est entourée de marais. Dans sa partie nord,
elle abrite la réserve naturelle de Lilleau des Niges.
Cette réserve naturelle, qui s'étend sur près de 200 hectares, a été créée en 1980 sur des
polders du nord de l'Île de Ré.
La présence de deux milieux, la caractérise. On a des vasières qui sont recouvertes au gré des marées par l'océan atlantique et des anciens marais
salants, qui sont protégés par des digues, et gérés hydrauliquement.
Bernaches
cravant
Cette alternance de zones humides ainsi que la situation géographique de l'Île de Ré, font
de cette réserve naturelle, l'un des tous premiers sites, pour l'hivernage des bernaches cravant et d'autres espèces d'oiseaux limicoles, dans notre pays.
La Spatule blanche, espèce limicole.
Il ne faut pas oublier que notre île est située au carrefour des grandes voies de migration des polulations d'oiseaux d'eau. Qu'elles viennent d'Europe ou
d'Afrique.
Au fil des saisons, ce sont plus de 300 espèces d'oiseaux qui se succèdent. Et, pour ce qui concerne les bernaches cravant , elles sont plusieurs milliers
à hiverner sur l'Île de Ré.
Un groupe d'Ibis sacrés d'Egypte
photographié cette semaine sur l'Île de Ré
Alors qu'il est beaucoup question d'écologie, et au lendemain de la
publication du rapport des experts de l'ONU, qui ont lancé un avertissement sans précédent, sur l'ampleur du changement climatique et sur la responsabilité de l'homme dans le réchauffement de
notre planète, je reconnais humblement que j'ignorais l'existence-même, de cette journée mondiale pour la préservation des zones humides.
C'est pourquoi, j'ai jugé utile de vous en reparler un peu plus longuement aujourd'hui.
Adoptée en 1971, dans la ville iranienne de Ramsar, la Convention sur les zones humides est entrée en vigueur en 1975. C'est le seul traité mondial
sur l'environnement qui traite d'un écosystème en particulier. Les zones humides sont au coeur du développement durable, tant elles concernent, à la fois, la conservation et
l'approvisionnement en eau.
Vue partielle des nombreux marais à Loix
La convention utilise une définition large des types de zones humides qui peuvent être placés sous son égide. Nous avons les marais et les marécages,
les oasis, les lacs et les rivières, les prairies humides et les tourbières. Mais aussi , les estuaires, les deltas, les zones cotidales* ainsi que les étendues marines proches du rivage, les
mangroves et les récifs coralliens.
La liste en sera presque exhaustive, quand nous y aurons rajouté les zones humides artificielles que sont, les bassins de pisciculture, les
réservoirs, les rizières et les marais salants.
Aujourd'hui, la convention Ramsar dénombre 1600 sites, pour
une superficie proche de 150 millions d'hectares, dans 153 pays différents.
Pich
* cotidale: se dit d'une
courbe passant par tous
les points où la marée a lieu à la même heure.