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Mercredi 20 décembre 2006


Bonjour les Amis,

Un Grand merci à Francisco
qui a réalisé, ma nouvelle bannière
Retrouvez-le dans mes liens favoris, il le mérite.


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Départ


pour le Bagne

Le jour de l'embarquement, le maire de Saint Martin faisait "passer le tambour" enjoignant les habitants des maisons qui bordent les quais, l'interdiction de sortir pendant toute la durée des opérations d'embarquement.

Les portes et les volets du rez-de-chaussée devaient restés fermés.



 
Porte de Thoiras


Le jour du départ, vers quatre heures du matin, tout le monde était levé. Tous les détenus étaient habillés de neuf. Vêtus d'une vareuse et d'un pantalon de bure de couleur marron, les relégués étaient coiffés d'un chapeau noir, alors que les forçats portaient un bonnet noir à raies blanches, sur la tête. Il faut savoir que les relégués, souvent condamnés pour des délits mineurs étaient envoyés, après un temps de prison, au bagne à vie, parce qu'ils étaient multirécidivistes.

Tous portaient des galoches à semelle de bois aux pieds. Un sac de marin, une couverture roulée portée en bandoulière et une musette
complétaient leur équipement. Pécules et bijoux soigneusement répertoriés et comptabilisés les suivaient, séparément, dans leur exil. Tous les autres objets personnels restaient à la citadelle mais les familles pouvaient les récupérer, dans un délai de un an et un jour.

Sortie de la Citadelle,
pour l'embarquement


Vers 6 heures, les tirailleurs et les gendarmes prenaient position le long du chemin qui part de la citadelle et descend vers le port à travers le petit bois de la Barbette. Les familles des détenus venues assister au départ des leurs, étaient refoulées loin en arrière, tandis que le cortège gagnait le port.


Embarquement des forçats au port de Saint Martin


Là, ils étaient embarqués sur des remorqueurs qui assuraient la liaison avec le continent et une demi-heure après leur départ du port de Saint Martin, après accostage, ils étaient transbordés sur le "La Martinière", le grand bateau-prison qui allait les conduire à Cayenne.


Le " La Martinière"


Ce vapeur construit en Angletterre en 1911 battit pavillon anglais, sous le nom de "Armanistan". Il fut vendu à une Compagnie allemande qui l'appela "Douala". Il fut choisi pour le transport des forçats, en raison de son faible tirant d'eau qui lui permettait de remonter ses 120 mètres de long et ses 16 mètres de large, sur le fleuve Maroni jusqu'au pénitencier de Saint Laurent.

La transformation de ce navire en bagne flottant fut effectuée par l'Arsenal de Lorient, et achevée en mai 1921. Il naviguera sur la route du bagne jusqu'en 1938.

L'équipage était composé de 54 hommes , officiers et marins. Le personnel de l'Administration d'une cinquantaine de personnes comprenait 2 médecins-capitaines, un chef de convoi, 2 infirmiers et environ cinquante surveillants. Le nombre des forçats et relégués étant de 653.

Le navire comportait huit cages, soit deux par faux-pont. En principe chaque cage était conçue pour recevoir 72 hommes, mais en les tassant un peu, on a pu en faire entrer jusqu'à 80. Une morgue était prévue pour accueillir les forçats et relégués qui ne supporteraient pas le voyage. Deux ou trois décés pendant un voyage n'étaient pas rares.

A raison d'un ou deux voyages par an, exception faite, lors de ses débuts où il en fit six consécutivement, pour "décongestionner" les Centrales de la Métropole et de l'Algérie ( les transports ayant été interrompus pendant plus de six ans), le "La Martinière" conduisit plus de sept mille condamnés au bagne, en Guyanne, à partir de mai 1932.

Le 28 novembre 1938, fut le jour du dernier départ, vers Saint-Laurent-du Maroni.
Source:
Le pénitencier de Saint Martin
Musée Ernest Cognacq de Saint Martin
Reporter Breton
Voiliers et navires de Nantes

 
Pich

par pich publié dans : pichtou communauté : Île de Ré
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