Un cargo-poubelle boqué à La Pallice. Après avoir quitté le port syrien de
Tarous, le "Brustel", cargo âgé de 28 ans, a mis le cap sur La Rochelle. Les cales chargées de quelque 7000 tonnes d'engrais de phosphates, il accosta avec difficulté dimanche dernier,
victime d'ailleurs d'une avarie de machine à quelques mètres du quai.
Ce vraquier était déjà connu des autorités maritimes car il avait été
contrôlé, il n' y a pas si longtemps en Croatie et plus récemment,alors qu'il était en transit, dans le port de Sète au mois d'août dernier. Battant pavillon cambodgien, propriété d'un Géorgien dont les affrêtements sont organisés par un
opérateur syrien, le "Brustel" n'a pas trompé la vigilence des contrôleurs rochelais du Centre de sécurité des navires, qui dispose d'une liste noire de 80 bateaux.
Et, bien que le navire ait changé de pavillon depuis ses déboires en Méditerrannée, il n'a donc pas réussi à échapper à la surveillance des contrôleurs de La Rochelle. Délesté
maintenant de son chargement d'engrais, le "Brestel" est bloqué à quai, au môle d'escale de La Pallice, depuis le dimanche 21 septembre. L'équipage à son bord comprend
encore 16 jeunes marins, de nationalité albanaise, égyptienne et syrienne. Deux marins qui ne souhaitaient pas rester sur le navire , ont obtenu leur rapatriement et ont regagné
Tartous. Le commandant albanais est âgé de 27 ans et son second n'a que 22 ans. Malheureusement ces marins n'auraient, semble t'il, guère d'autre choix, que de travailler sur ce genre
de bateau.
Ce ne sont pas moins de quarante anomalies ou infractions qui ont été relevées à bord du "Brustel", lors de son inspection. Dans cette liste figurent entre autres anomalies: la panne moteur,
la panne du dispositif de lutte contre les incendies et celle du matériel de radionavigation. Ajoutez-y des ballasts percés, le défaut d'étanchéité des portes de sabords, un
nombre insuffisant de brassières, et l'absence de séparateur d'eau mazouteuse, système obligatoire pour naviguer en Atlantique.
Sommé de procéder aux réparations nécessaires pour que le cargo puisse être autorisé à appareiller , l'armateur serait en train de se débattre pour obtenir une dérogation qui
permettrait au "Brustel" de pouvoir quitter, le plus rapidement possible, le port de La Pallice.