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Malheureuse libellule... !
Nous en profitâmes pour découvrir le Barangeon, cours d'eau de première catégorie, qui coulait à proximité de la maison. Faisant partie intégrante de la propriété, mais situé au dehors, sur la droite de la route venant d'Allogny en direction du bourg, il y avait un pré, bordé sur toute sa longueur, par le cours d'eau. Sa rive, de notre côté, était çà et là, dégagée, et par endroits, ombragée par des bouquets d'aulnes, de coudriers et de saules, plantés en bordure de la berge, dont les racines couraient dans l'eau.
En longeant cette rive, à pas feutrés, marchant sur la pointe des pieds, pour faire le moins de bruit possible, nous pûmes apercevoir des perches arc-en-ciel aux couleurs vives et des brochetons qui se doraient au soleil. Un peu plus loin, cachés sous les ombrages, des chevesnes trapus étaient à l'affût d'une proie. Malheureuse libellule, rasant l'eau trop près de leur planque! Infortunée sauterelle, tombée à l'eau, que le courant emmenait vers eux ! Elles disparaissaient en un clin d'oeil, dans un grand "Gloup", happées par leurs puissantes mandibules. C'était décidé, le lendemain, nous irions à la pêche.
Les parents, au titre de propriétaire riverain sur cette partie du Barangeon, avaient le droit d'y poser une ligne de fond, trois nasses et de tendre un tramail, uniquement pendant la période d'ouverture de la pêche. Le fils de Mado, qui était mon aîné d'un an, avait appris à pêcher avec son oncle et, comme moi, il adorait ça.
Nous vérifiâmes l'état de notre matériel de pêche:lignes, cannes, moulinets, épuisette, bourriche, hameçons montés et non montés, bobines de fil, bouchons et plumes, plombs, sondes, dégorgeoir. Tout allait bien, nous étions parés! Ne manquaient plus que les appâts. En cherchant bien, nous découvrîmes dans un coin du terrain que cultivaient les anciens propriétaires, le restant d'un tas de fumier de cheval bien décomposé, qui était dissimulé sous des végétaux.
Après avoir fouillé un peu, avec une fourche, nous ne mîmes pas longtemps pour découvrir et trouver les petits vers de terre, rouges et bien vigoureux, que nous recherchions. Nous les stockâmes dans une boîte de conserve vide, dans laquelle nous rajoutâmes un peu de terreau, pour qu'ils restent bien vivants et nous rangeâmes cette boîte au frais, dans le bûcher, où elle passa la nuit.
Le lendemain matin, le réveil sonna à sept heures...
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