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Mado élevait des lapins...Aujourd'hui, ils ne seraient pas en semi-iberté dans un enclos, mais très certainement, confinés!
Mes soeurs et moi avions la visite de notre père de temps à autre et cela dura environ un an. Puis un jour, je fus averti que mon père allait bientôt venir me chercher, que j'allais retrouver mes soeurs et que nous serions à nouveau réunis, dans une nouvelle famille.
Dans une nouvelle famille?
Mon père vint effectivement me chercher et je quittai Cruzille, la Bourgogne, pour me rendre à son nouveau domicile dans le Gâtinais, à La Cour-Marigny, près de Montargis. Durant le trajet en voiture, il m'apprit qu'il avait rencontré une dame qui était veuve de guerre. Elle avait deux enfants, un garçon et une fille plus âgés que moi et voulait bien s'occuper de nous! Il essaya de m'expliquer que veuf, avec quatre enfants à charge, il ne pouvait pas rester seul très longtemps, et qu'avec la dame en question, il allait certainement se remarier dans un avenir, plus ou moins proche . Soit, mais que voulez-vous qu'un enfant de onze ans comprenne aux choses des adultes?
Toujours est-il, qu'arrivés à destination, je fis connaissance de la dame en question, de sa fille aînée et de son fils. Et enfin, je retrouvai avec la plus grande joie, deux de mes trois soeurs. Il ne manquait que la toute petite dernière qui resta quelque temps encore chez sa nourrice. Nous étions désormais sept, sous ce nouveau toit et à table, matin, midi et soir. Je découvris la chambre que j'allais devoir partager avec Gilou, le fils de Mado, la nouvelle compagne de mon père. Désormais, comme le disaient les filles, c'était la chambre des garçons.
Mado élevait des lapins qu'elle vendait pour améliorer l'ordinaire. Autour de la maison, en plus du potager, il y avait beaucoup de terrain, cultivé principalement de luzerne et de carottes fourragères, de quoi nourrir les lapins. Un arpent de vigne donnait, après les vendanges, une piquette qui était mise en barriques dans la cave voûtée, attendant d'être "dépucelées", à l'occasion de leur mise en perce. Dans cette vigne, trois imposants pêchers très prolifiques, nous régalaient de leurs fruits aux couleurs vineuses et à la chair délicieusement parfumée. Il fallait cependant faire très attention avant de les déguster, de ne pas se faire piquer par les guêpes, attirées elles aussi, par les pêches les plus mûres.
Enfin, un grand champ d'asperges étendait ses sillons sans fin, butés en dômes, desquels s'élevaient des turions (et il y en avait plus de cent...) qui avaient durci. Ramifiés en une infinité de rameaux verts et décorés comme des arbres de Noël par une myriade de petites boules rouges, ces arbrisseaux mesuraient près de deux mètres de hauteur.
Ainsi était le nouvel environnement, dans lequel je me retrouvai !
Pich
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