Partager l'article ! Tempête ...dans un vert pré !: &nbs ...
Il y avait souvent beaucoup de vent ces jours-là. Et, j'en profitais pour courir...
La bougeotte reprit mes parents, après deux années passées sous le climat tempéré de la Côte d'émeraude, que nous quittâmes pour celui, continental, de la Bourgogne.
A nouveau, des saisons très marquées par des hivers très froids, une bise glaciale et des étés très chauds. La "Marie-Renée" ne fut pas du voyage, mais resta au mouillage à la plage du Béchet à Saint-Briac. Mes parents l'avait vendue à un ami pêcheur du village, qui promit de ne pas la débaptiser.
Au cours de l'été, de nombreux orages menaçants éclatèrent. Les viticulteurs essayaient de "tuer" les nuages de grêle pour protéger leur vignes, en lançant des fusées qui déchiraient le ciel en sifflant et explosaient dans les gros cumulo-nimbus. Il y avait souvent beaucoup de vent ces jours-là. Et, j'en profitais pour courir à perdre haleine, dans le champ d'à côté, pour faire décoller mon cerf-volant. De fabrication maison, il était fait d'une armature légère en bois, recouverte de papier kraft. Une natte en ficelle de plus d'un mètre de long, ornée de papillotes en papier journal, le décorait.
Dès qu'il décollait, il s'envolait, porté par l'air chaud, s'élevant vers un ciel d'encre, et aussi haut que le permettait la longueur de la ficelle qui me reliait à lui. Alors, je pouvais contempler les arabesques qu'il décrivait dans l'espace, tout en veillant bien à ce qu'il reste en l'air, à l'aide de notre unique lien. Puis, quand j'étais fatigué de le tenir à bout de bras, venait l'instant toujours délicat du retour sur la terre ferme. Il fallait rembobiner doucement la ficelle pour lui faire perdre, petit à petit, de l'altitude, jusqu'à l'atterrissage en douceur sur l'herbe. Malheureusement, un après-midi, pas comme les autres, vous devinez bien ce qui arriva ? Une rafale de vent déchira le papier kraft de sa voilure, entraînant sa chute brutale dans le pré. L'armature brisée, réduite en petit bois, mon cerf-volant gisait sur le sol !
Ce fut durant l'été 1951, que nous quittâmes Saint-Briac pour venir nous installer à Saunières, village proche de Verdun-sur-le-Doubs, en Saône-et-Loire.
Pich
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