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Vendredi 4 juillet 2008

Tara
le plus grand dériveur polaire au monde

Plus grand dériveur polaire au monde, la goélette Tara, est venue à La Rochelle, honorer de sa présence, la projection du   film  "Tara, voyage au coeur de la machine climatique", réalisé par Emmanuel Robin et Thierry Ragobert.
 Image Hosted by ImageShack.usTara, le voilier polaire, dans le bassin des chalutiers, face à l'Aquarium
C'est dans le cadre du marché international du documentaire de La Rochelle Sunny Side of the Doc, que ce film a été projeté, en ouverture, le 24 juin dernier.

Image Hosted by ImageShack.us Thierry Ragobert et Emmanuel Robin, les deux réalisateurs du film
Etant donné l'importance du sujet qu'est celui du réchauffement climatique,   de ses conséquences sur les conditions de vie de la population mondiale, il était de mon devoir, de traverser le pont de l'île de ré, pour aller à la rencontre du voilier polaire.

Après 507 jours passés sur la banquise, le voilier polaire Tara  est rentré à  Lorient, son port d'attache, le 23 février 2008.

Image Hosted by ImageShack.usle retour de Tara à Lorient (Photo Ouest France)

Son  aventure arctique avait  pris fin, plus tôt que prévu,  soit environ 200 jours de moins, que ce qu'avaient calculé  les scientifiques. Tara est le voilier qui sera allé le plus loin,  au nord de la planète.

Parti le 11 juillet 2006 de Lorient, il fit escale fin juillet, sur sa route vers le Nord, à Oslo.

Image Hosted by ImageShack.usTara atteignant la glace (photo Francis Latreille)

Fin Août, quittant le port de Tiksi, il lui fallut  trois jours de navigation pour atteindre la glace.


Image Hosted by ImageShack.usTara suivant le brise-glace russe, qui lui ouvre la voie

Aidé dans sa progression par un brise-glace russe qui lui ouvrait la voie, notre voilier arctique, après avoir poussé à fond ses deux moteurs, grimpa sur la banquise et s'immobilisa pour sa mise en glace.


Image Hosted by ImageShack.usTara garé sur l'immense parking de la banquise

C'est ainsi que Tara  gara ses 180 tonnes, le 3 septembre 2006 sur l'immense parking de la banquise, au-dessus d'une plaque de glace, épaisse d'un mètre cinquante.

Ce voyage exceptionnel a été rendu possible grâce à l'opiniâtreté d'Etienne Bourgeois, arborant trois casquettes: directeur du programme Tara, armateur du bateau, chef d'entreprise.

Tara  Artic, l'expédition  polaire, s'est associée au programme scientifique européen Damocles, qui vit le jour à la fin de l'année 2005.  Coiffé par l'océanographe Jean-Claude Gascard, le dit programme regroupe 48 laboratoires de recherche, dont le CNRS.

Déjà, en 1893 le Norvégien Fridtjof Nansen, à bord de son voilier "Fram", avait  tenté une semblable aventure.

Quelques mots tout de même, pour rappeler qui fut Fridtjof Nansen, et pour en savoir un peu plus, sur le voilier  "Fram".

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Fridtjof Nansen, explorateur avant tout

Fridtjof Nansen, né en 1861, fut un océanographe, un  scientifique, un homme d'Etat. Son dévouement aux causes humanitaires permit de sauver des milliers de vie, après la Première guerre mondiale.  Il fut également  Prix Nobel de la Paix en 1922.  Mais avant tout, Nansen se considérait  comme un explorateur et un homme de science. Il publia en 1871 A travers le Groenland et Vers le pôle en 1897.

Le 24 juin 1893, Nansen et son équipe, à bord du "Fram" quittèrent Christiana (l'actuelle ville d'Oslo). Le Trois-mâts goélette navigua le long de la côte Nord de Sibérie. Quand il fut arrivé à environ cent miles des îles de la Nouvelle Sibérie, Nansen changea de cap, obliquant plein Nord.

Trois mois plus tard, le 24 septembre 1893 alors que le "Fram" se trouvait à une latitude de 78°30 N, le voilier fut bloqué dans les glaces.

Nansen et son équipe, à bord du "Fram", se préparèrent alors, à dériver vers l'Ouest, en direction du Groenland.

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le "Fram"

Le "Fram"  était un navire de 402 tonneaux bruts (1 tonneau =2,83 mètre cubes), gréé en trois-mâts goélette, avec une voilure d'une superficie de 600 m². Equipé d'une machine à triple expansion de 220 chevaux-vapeur,  il pouvait atteindre la vitesse de 6 à 7 miles à l'heure.
 

Pour qu'il puisse être soulevé par la pression des glaces au lieu d'être broyé, le "Fram" fut construit sur des plans spécifiques, dont les principales caractéristiques étaient les suivantes :

Sa coque était effilée à l'avant et à l'arrière, avec des flancs unis, pourqu'elle puisse glisser, hors de la glace, en cas de pression. Le tout fabriqué en bois de chêne d'une épaisseur totale de 70 à 80cm. Le bois de chêne utilisé, avait séché sous abri, depuis plus de trente années.

L'arrière  et l'avant  de la coque avaient été renforcés, l'avant était équipé en plus, d'un taille-mer en fer, pour mieux le protéger.

Sous la  coque une quille arrondie, le gouvernail avait été placé très bas, pour éviter qu'il soit brisé par la glace.

La cale du "Fram" était divisée en trois compartiments étanches, pour assurer une plus grande sécurité,  surtout, en cas de voie d'eau. L'intérieur du navire comprenait un salon et six cabines. 

Nansen qui avait prévu un long voyage dans le temps, (environ  deux à trois ans),  stocka  plusieurs années de nourriture et de carburant, de nombreux  instruments scientifiques ainsi qu'une copieuse bibliothèque.

Pris par les glaces le 24 septembre 1893, le navire glissa et s'élèva pour retomber à sa place initiale, lorsque son poids brisa la glace. Six jours plus tard, le 29 septembre, le navire gagna son premier degré de latitude vers le pôle alors que  la température affichait -14,5°C.

Les relevés de position montrèrent une légère dérive vers le nord, mais pas de surprenants zigzags. A Noël, la température était descendue à -40°C. Les sondages révélèrent des fonds bien plus importants que prévus, et donc, une moindre importance des courants marins sur la dérive.

Le 2 février 1894, lors du retour du soleil, le navire se trouva à 82°10'N. La position du "Fram"  recula fortement en juillet et août.


Image Hosted by ImageShack.us vers le cokpit de Tara

Tara a été construit en France à l’initiative de Jean-Louis Etienne, médecin explorateur, en 1989  et dessiné par les architectes navals Luc Bouvet et Olivier Petit. Appelé "Antarctica", cette goélette a parcouru toutes les mers du globe, jusqu’en 1995.

Puis elle fut reprise par Peter Blake sous le nom de "Seamaster", qui en fit l’instrument principal de son programme de défense de l’environnement, soutenu par le programme des Nations Unies pour l'environnement.

Le 5 décembre 2001, alors qu'il était en mission avec ses collaborateurs, dans l'estuaire de l'Amazone, le bateau et son équipage furent attaqués par un groupe de pirates. Peter Blake fut malheureusement tué et deux membres d'équipage furent blessés. "Seamaster" resta à quai pendant 2 ans.

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En 2003, le directeur général d'Agnès b, Étienne Bourgois reprit le bateau en le rebaptisant Tara. Il lança le projet Tara Expéditions, pour faire prendre conscience de la fragilité de l’environnement. Depuis, Tara avait déjà fait 6 expéditions,  parcouru plus de 40 000 milles du Nord au Sud, avant de se lancer dans le projet, Tara Artic 2007-2008.

 

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Moi Tiksi, je n'avais guère plus de trois mois quand....

Moi Tiksi, je n'avais  guère plus de trois mois, quand j'embarquai avec mon copain Zagrey à bord de Tara , pour ce long périple et cette fantastique aventure. Nous avions pour mission, de donner l'alerte dès qu'un ours blanc "rôdait" dans les parages de Tara.
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"-Pour moi Tiksi, c'était la première fois que je voyais un ours blanc, pour de vrai, et d'aussi près...impressionnant non le gros nounours, n'est-ce pas? Même que je me rappelle encore de la date, c'était le 29 juin 2006".


Et nous en avons vu dix-huit en tout, là-bas dans le grand Nord. Une fois même, Zagrey a couru après l'un d'entre eux, l'approchant de très près, pour l'éloigner. Ce fut moins une, que mon copain ne se fasse pas choper !
Mais généralement, quand nous donnions l'alerte, des coups de carabine était tirés en l'air, par l'un des membres de l'équipe,  pour faire fuir le plantigrade un peu trop curieux.
Pour ma première expérience de compagnon anti-ours, j'ai ramené des milliers de souvenirs. Tout d'abord , dans le grand Nord, ça "caille". Mis à part 50 jours durant lesquels, la température fut au-dessus de zéro, le reste du temps il fit froid , voire même très froid. Une fois, la température descendit jusqu'à - 41°C.

Image Hosted by ImageShack.ussoit il fait nuit, nuit, après nuit

Et puis là-bas, soit il fait nuit, soit il fait jour. Nous avons ainsi passé 230 jours dans la nuit complète.
 Image Hosted by ImageShack.ussoit il fait jour permanent, jour, après jour (photo Francis Latreille)

et 230 jours  dans le jour permanent. Cela fait tout drôle au début, puis... on s'habitue !

Je vous le dis, une vraie vie de chien !
    à suivre...
   
        Pich
   
par pich publié dans : mer et bateaux communauté : Reportages marins
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