Mercredi 11 juin 2008
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le Pont de l'Île de Ré
20 ans déjà !
"On n'a pas tous les jours 20 ans, ça n'arrive qu'une fois seulement !" dit la chanson...

le pont s'étend de la pointe de Sablanceaux à
Rivedoux-Plage (ici),
jusqu'au lieu-dit "La Repentie" au nord-ouest de La Rochelle,
au fond (à droite)
Effectivement, le 19 mai dernier, c'était l'anniversaire de la mise en service du pont de l'île de Ré.
Mais voilà..., ce lundi là, votre serviteur était dans le "coltar", après une intervention chirurgicale qui avait
duré 5 heures. Il m'était impossible de faire quoi que ce soit, sur la toile, ou ailleurs, d'ailleurs !
Ce qui réconforte quand même, c'est de voir que vous étiez à ce matin, 98.553 personnes à être
venus me rendre visite.
Aussi, pour le 400ème article publié aujourd'hui sur mon blog "Et...passer le pont !", je vais vous parler
plus en détail de cet ouvrage, qui fit de notre île, le 19 mai 1988 à 19 heures, une presqu'île.

La décision de relier l'île de Ré au continent, fut prise par le Conseil Général, le 26 mai 1974. Après une étude d'impact pour la réalisation d'un pont entre l'île de Ré et le
continent en 1980, l'enquête d'utilité publique fut lancée en 1984. Et, au mois d'août de cette même année, le préfet signait la déclaration d'utilité publique.

Mais les "anti-pontistes" firent de la résistance et ne restèrent pas les bras croisés, tant et si bien qu'au mois de juillet 1985, le tribunal administratif de Poitiers, annula la déclaration d'utilité publique, au motif d'irrégularité de procédure.

Toujours en 1985, mais en octobre, une seconde enquête d'utilité publique fut lancée. A la suite de laquelle, durant l'été 1986, Pierre Méhaignerie, alors ministre des transports,
autorisa le préfet, à signer une nouvelle déclaration d'utilité publique.

Finalement, les travaux de fondation commencèrent au mois de février 1987 et le premier des 796 voussoirs qui forment le
tablier du pont, fut posé au mois de juillet 1987. C'est au mois de février 1988, que le dernier voussoir fut posé.
les voussoirs (photo Sud-Ouest)
Ces énormes pièces de béton que sont les voussoirs, étaient fabriquées sur le continent, près de l'emplacement actuel du péage.
(photo Phare de Ré)
Elles étaient
acheminées à leur place, grâce à une poutre de lancement qui mesurait la bagatelle de 285 mètres de long.
Une dizaine d'entreprises de travaux publics avaient répondu à l'appel d'offres et déposé chacune un dossier. La commission d'appel d'offres procédant par élimination, ne retint que deux
offres. La première émanait de la socièté, Campenon-Bernard , la seconde était présentée par la société Bouygues. L'offre
de la première société citée, était un peu moins coûteuse, mais l'entreprise demandait un délai de 28 mois pour réaliser l'ouvrage. Quant à Bouygues, bien que son offre fut un peu
plus coûteuse, elle s'engageait à réaliser l' ouvrage, en seulement 20 mois.

Pouvoir mettre le pont en service plus tôt, et notamment pour la saison estivale de 1988, n'était pas sans intérêt, d'autant que la ligne des bacs était en déficit.

les guichets du péage du pont
Le surcoût de l'offre faite par la société Bouygues se trouvait bien compensé, par les résultats financiers que ne manquerait pas d'engendrer, une mise en service
anticipée du pont.

Ces arguments firent la différence, et c'est ainsi, que la construction du pont de Ré, fut confiée à la société Bouygues.
Sa fonction étant d'assurer la continuité territoriale entre le continent et l’île de Ré, le pont fut construit en régie par le département. C'est pourquoi, il est classé dans la
voirie départementale.
Entièrement réalisé en béton précontraint, le pont de Ré décrit une élégante courbe. La longueur de l'ouvrage d'art est de 2927 mètres, mais avec les rampes d'accès, sa longueur totale est de 3840 mètres.
C'est un pont à poutres cantilever, constitué de 28 piles distantes de 110 mètres, et de 27 travées de type poutre-caisson, dont le point
culminant se trouve à 42 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Son tirant d'air est de 30 mètres, sur 4 passes navigables entre ses piles. Il s'étend du lieu-dit "La Repentie" au nord-ouest de la Rochelle, jusqu'à la pointe de Sabalanceaux
à Rivedoux-Plage.
(photo
Sud-Ouest)
Des pieux enfoncés jusqu'à une profondeur de 12 mètres sous le fond marin , soutiennent les piles.
(photo
Sud-Ouest)
Les voussoirs, énormes blocs de béton, furent installés par une grue spéciale, qui avançait sur les piles déjà érigées.
les voussoirs n'avaient pas tous la même taille
Six mille tonnes d'acier et 50.000 mètres
cubes de béton ont été nécessaires à la construction du pont, dont le chantier employa plus de 500 personnes. Son coût s'est élevé à 92 millions d'euros.


Son tablier qui mesure 15,50 mètres de large, offre 2 voies de circulation routière d'une
largeur totale de 9 mètres, une piste cyclable à double sens d'un côté et une autre, réservée aux piétons de l'autre côté (2,5 mètres).
Le pont est un véritable cordon ombilical, qui relie le continent à l'île de Ré. Les voussoirs, mis bout à bout, ont constitué une galerie, à l'intérieur de laquelle, les éléments
essentiels à la vie, alimentent l'île.
C'est ainsi que sont cachés sous la chaussée du pont, câbles et tuyaux, au rang desquels la conduite d'eau qui alimente l'île en eau potable. C'est une grosse canalisation qui mesure près
d'un mètre de diamètre. Elle est équipée de vannes, afin que les pompiers puissent, sans avoir à dérouler des centaines de mètres de tuyau, intervenir rapidement, pour éteindre un
incendie qui viendrait à se déclarer sur le pont.
Sont dissimulées aussi dans cette galerie, des lignes électriques de 20.000 et 90.000 volts, des lignes téléphoniques en fibre optique. Auxquelles il convient d'ajouter,
d'autres lignes électriques qui fournissent l'énérgie aux lampadaires du pont, via des transformateurs, et les câbles qui alimentent les caméras de
surveillance.
Très fréquenté, malgré le prix du péage, le pont a enregistré son record d'affluence le 8 mai 2002. Au cours de cette journée-là, le record de passages frôla les 16.000 véhicules. A titre
indicatif, en 2006, plus de 3 millions de passages furent enregistrés.
Il n'est que de voir les embouteillages à l'entrée de l'île, en début
de week-end, les bouchons à la sortie le dimanche soir et le lundi soir, pour mieux percevoir, la fréquentation touristique massive de notre île.
Et, avant le pont, comment était-ce?
Il paraît que l'été, pour prendre le bac, il y avait la queue jusqu'à la rocade de La Rochelle. Maintenant, très souvent le dimanche, il y a la queue de l'entrée du pont jusqu'au village
artisanal de la Croix-Michaud à La Flotte et sur l'autre départementale qui mène à Sainte-Marie, ce n'est guère mieux !
Jusqu'au 19 mai 1988 à 19heures, la liaison maritime, continent (La Pallice) /
île de Ré (Sablanceaux), était assurée par la Régie départementale des passages d'eau. Cinq bacs assuraient alors cette liaison. Ils avaient pour noms: "Maréchal de
Thoiras", "Gabriel Chobelet", "l'Aunisien", le "Saintongeais" et "Gustave Perreau".
le "Maréchal de Thoiras" à
Sablanceaux
Le "Maréchal de Thoiras" fut mis en service en 1968. Il pouvait embarquer des
véhicules, à la fois par les côtés, mais aussi par les extrémités, en marche réversible de type amphidrome, système inauguré sur l'Île de Ré.
Après sa fin de service sur l'île de Ré, il assura ensuite pendant des années, la
liaison entre l'île de Troia et la ville de Setuba, au Portugal (région de Lisbonne).
le "Gabriel Chobelet"
Ce bâtiment ressemble, comme un frère jumeau, au "Maréchal de Thoiras"
Le "Gabriel Chobelet", bâtiment jumeau au "Maréchal de Thoiras"
(sisterships), assurait également la liaison entre l'île et La Rochelle. A sa fin de service, il fut vendu à une entreprise gabonaise, pour le transport du bois. Il coula en mer, deux
ans plus tard.
Ils étaient épaulés par "L'Aunisien" et le "Saintongeais" qui
effectuaient des liaisons, uniquement en marche réversible.
"L'Aunisien"
Après avoir servi en Espagne, "L'Aunisien" a été mis à la ferraille et démonté.
le
"Saintongeais"
Quant au "Saintongeais", aux dernières nouvelles, il serait toujours en service aux Baléares.
ex " saintongeais", rebaptisé "Arlequin
Rojo"
Devenu "Arlequin Rojo", il est enregistré au port de Las Palmas de Gran
Canaria. Il assure la liaison entre Denia et Formentera, et peut embarquer 118 passagers.
le "Gustave Perreau"
Le "Gustave Perreau", une ancienne péniche de débarquement, transformée
en 1963, complétait la flottille des cinq bacs en service. Vendu à l'entreprise Lassarat du Havre, il est toujours en service. Il sert aujourd'hui, à repeindre des plates-formes
pétrolières en Afrique.
Ces cinq bacs furent au service de la ligne maritime, île de Ré / continent et vice
versa, jusqu'à l'ouverture du Pont, le 19 mai 1988. A 20 heures ce soir-là, les deux derniers bacs de la liaison Ré-Continent, se croisèrent devant le bar "Chez Annie", pour la
dernière fois.
l'embarcadère de Sablanceaux à
l'époque des bacs:
en fait, il s'agit plus exactement de l'appontement nord qui fut rénové par la suite, pour recevoir en dernier, les bacs amphidromes. Bien sûr aujourd'hui, il ne reste aucun vestige
visible de cet ouvrage ( Précisions apportées par Marc ENAUD)
bien désert aujourd'hui...
l'embarcadère de Sablanceaux, vu de la plage
sud
De cette époque, il ne reste guère que l'embarcadère de Sablanceaux
qui soit encore bien visible, côté île de Ré.
Sources:
Sud-Ouest
Le Phare de Ré
Pich
Par pich
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Publié dans : île de ré
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