Jeudi 13 mars 2008
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Grandes marées
sur l'île de Ré
Pêche à pied
C'était un week-end de grandes marées la semaine dernière, avec des coefficients de 101 samedi et 106 dimanche.
L'estran qui offrait ses vastes étendues aux pêcheurs à pied(1) draina son flot d'amateurs de cette pratique de pêche.
Pour la première fois sur l'île de Ré, il a été procédé à une opération de "comptage" de ces "estranados", venus de toute la région et parfois, de bien plus loin.
A cette occasion, de nombreuses associations avaient mobilisé leurs troupes, pour mener une campagne d'information et de sensibilasition des pêcheurs à pied. Une
plaquette, réalisée certes, avec de petits moyens, fut distribuée, incitant les "estranados" à respecter les tailles et les quantités de crustacés, de coquillages et de poissons
pouvant être prélevés.
petit pêcheur à pied devient grand et respectueux de l'estran, pourvu qu'on
l'éduque...!
Paricipaient à cette action, l'Union rétaise des clubs et des associations nautiques (URCAN), les Amis de l'Île de Ré, les Amis du port de Loix, l'Association plaisance nautisme de
Rivedoux, l'Association de protection des sites de La Couarde, l'Avenir du Bois et l'ADEPIR.
La municipalité de Loix a encouragé cette initiative et, pour l'occasion, un énorme panneau avait été érigé à l'entrée de la commune, très prisée des pêcheurs à pied. On pouvait y lire que
l'ESTRAN EST FRAGILE et qu'il faut le respecter. Ce panneau d'environ 4 m², sera implanté lors de chaque grande marée, pour rappeler ce message.
De nombreux bénévoles s'étaient donc mobilisés dans cette campagne afin de sensibiliser les pêcheurs à pied, pouvoir les
dénombrer et noter les départements d'où ils étaient venus, pour pratiquer leur loisir, sur l'Île de Ré.
Car, il faut bien que nous prenions conscience, les uns et les autres, que si rien n'était fait, la ressource n'étant
pas inépuisable, ce loisir ne serait bientôt plus, qu'un lointain souvenir...!
Il faut donc bien, d'abord, pouvoir dresser une cartographie fiable des lieux de pêche fréquentés ainsi qu'un inventaire des espèces prélevées, pour pouvoir ensuite, définir
les mesures de sauvegarde à mettre en place.
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Au même titre qu'en matière de gratuité du passage de son pont et des conséquences qu'Oléron, l'île voisine de la nôtre a subi, nous
pouvons également bénéficier de son expérience, dans le domaine de la protection de l'estran, car les Oléronais ont de l'avance sur nous.
En effet, ils ont déjà réalisé un diagnostic précis. Des fonds, sous forme de subventions, ont été débloqués à hauteur de 100.000 euros. Cette dotation a permis l'embauche de salariés
permanents et le recrutement d'un étudiant en thèse. Le fruit de leur travail a fait l'objet d'un rapport très complet, dans lequel figurent de précieuses données chiffrées, mesurant avec
précision, l'impact de la pêche à pied.
Il ressort notamment de cette étude, que sur un an, ce sont quelque 180.000 pêcheurs qui ont fréquenté la côte oléronaise,
prélevant la bagatelle de 146 tonnes de palourdes et de 36 tonnes de coques. Que seules, 20% des espèces prélevées, avaient une taille conforme à la loi et que 85% de ces "estranados",
ignoraient la réglementation en vigueur.
En conséquence, des dépliants et des jauges de mesure des espèces furent distribués, pour permettre aux pêcheurs à pied de
contrôler les tailles des crustacés, des mollusques et des poissons pêchés .
de nombreux congres sont pêchés à pied lors des grandes marées, mal camouflés
sous de grosses pierres
Toujours, suite à l'étude menée sur Oléron, une zone interdite à la pêche pour une durée de trois ans, a été créée. Le "gel" de
cette zone pour la pêche à pied, sert de laboratoire, pour les scientifiques de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), qui peuvent y étudier la
reproduction des espèces.
Les gendarmes et les policiers municipaux ont également bénéficié d'une formation spécifique, pour leur permettre
d'intervenir, soit sous forme de prévention, voire de répression.
Enfin, un comité de pilotage a été mis en place, réunissant une fois par an, les représentants de la région, du département, des
affaires maritimes, de l'Ifremer, de la LPO, des pêcheurs à pied et des associations de défense et de la protection de la nature.
Sans aucun doute, tous les maires élus ou réélus des dix communes de l'Île de Ré, le nouveau conseil communautaire de la CdC
et le Conseil Général, auront à coeur de s'inspirer de ce qui a été fait par les Oléronnais, pour sauvegarder la ressource de l'estran rétais.
(1) ne pas confondre les pêcheurs à pied avec les candidats aux élections municipales ou cantonales qui arpentent les marchés et
pratiquent eux, la pêche... aux voix!
Pich
Par pich
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Publié dans : mer et bateaux
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