La Transat de Sigrid
le Pot au Noir...
pot de glue !
" Maintenant c’est le grand saut, je suis sous code 5 avec pas mal de vent et je me dirige vers l’entrée théorique du pot au noir, d’après
les coordonnées données à la BLU.
Pour le moment, il est assez bas, c’est bon pour nous. Vers le 9°nord, je rencontre et essuie de nuit un orage assez fort... Se retrouver
comme étant la partie métallique la plus haute alentour n’est pas vraiment très rassurant…!
Au petit matin, passé l’orage... rideau ! Plus un pet d’air !
Je suis à vue de Mathieu sur son super calin, tous les deux collés, entourés de nuages bizarres... A ce moment là, je ne pense pas être dans
le pot au noir, car nous sommes bien à 2° nord de l’entrée théorique et la BLU ne l’annonce pas si haut non plus.
Et nous sommes restés plantés-là, pendant 12 heures, à reculer. Juste le temps pour David, de rattraper ses 50 milles de retard. Nous
repartons vers 18h, alors que David arrive à notre niveau… c’est assez enrageant.
Rideau de pluie dans le pot au noir
Là, commence la partie la plus difficile pour les nerfs. Un vent qui tourne comme une toupie, un second stop de 12 heures, mais cette
fois-ci, je suis avec David et nous rattrapons Pierre, jusque-là 5 milles devant nous. A son tour, il recule de 5 milles dans la nuit, quand nous avançons de 10 milles.
Ce passage est délicat, l’expérience prime. Il est au départ, peu tentant de se jeter dans les grains et de faire de l’est. Toutes les nuits,
l’orage nous tombe dessus... Je suis à la fois émerveillée par les couleurs et la force des éléments mais, je préférerais voir ça moins longtemps !
De plus, je ne peux pas trop anticiper les claques sous les grains et je tremble pour mon étai. Je passe mon temps à faire et défaire mes
ris, je pense que je peux faire maintenant un chrono de formule 1.
A gauche un cargot, devant lui un mini. Tous deux, dans le pot au noir.
La chance compte, mais je n’ai pas géré au mieux mon pot au noir. David touche un nuage avant moi, je reste scotchée. Il sort du pot au
noir et prend... 50 milles d’avance sur moi. Dur, dur pour le moral. Je reste au total 5 jours dans ce pot de glue, 3 jours de trop !
Vers le 2°nord, le vent s’établit sud-est 15 nœuds, mer plate, les nuages stagnent dans mon nord et mon ouest. Cette fois ci, c’est la
bonne... je suis passée !
J’espère pouvoir passer rapidement sous genaker, pour accélérer, ça commence à sentir l’écurie... même s’il reste encore 1 000 milles à
parcourir, mais je reste désespérément au près.
Deux jours après la sortie du pot au noir, la mer devient vraiment mauvaise avec 20 nœuds de vent et surtout, des vagues croisées
"pourries".
Le bateau tape, je recommence à trembler pour mon mât. Si proche du but, ce serait dommage.
Mon générateur tombe en panne et je suis maintenant obligée de barrer plus de 12 heures par jour. Ma bastaque bâbord, le câble qui tient mon
mât cette fois sur l’arrière, est aussi largement endommagé : ça commence à devenir critique !"
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Pich