Mardi 20 novembre 2007
2
20
/11
/Nov
/2007
21:29
La Transat de Sigrid Direction...
les Canaries
"Une escale bien méritée, mais, un peu longue à mon goût sur l´île de Madère. Je suis vraiment
impatiente de repartir pour le grand saut...!
Je souffre de grosses contractures dans le dos. Heureusement, une kiné propose des séances de stretching, complétées par des massages.
La palme de la souplesse revient à Adrien sur Brossard !
En attendant, on profite un maximum: steaks de thon, fruits à gogo, piscines naturelles, randonnées, barbecues...
J´ai surestimé la quantité de nourriture à embarquer, j´en débarque une partie sur un bateau accompagnateur. La chasse au poids est importante en mini. Par contre, je garde tout le chocolat,
même si j´en ai des quantités déraisonnables !
Lorsque je monte dans mon mât pour vérifier mon gréement, je m'aperçois que mon étai, le câble qui tient l´avant de mon mât, est abîmé. Je ne peux pas repartir avec un mât dans cet état.
L´angoisse monte...d'autant qu'il est hors de question que je ne prenne pas le départ.
Je consulte d´autres ministes et ensemble, nous passons en revue les possibilités de réparer, sachant que le sertissage n'est pas possible à Madère et qu'il est trop tard pour pouvoir
acheminer un nouvel étai de France.
Et, la seule solution qui me reste, consiste à couper la partie abîmée, et à remplacer le sertissage par un serre-câble...
Grâce à l´adorable Luis, qui s´occupe des coureurs à Madère et à l’aide d’Olivier, j´arrive à dégoter, un jour férié, un embout North, la pièce magique qui fera office de serre-câble.
Pour sûr, tout de même, j´ai une bonne étoile au-dessus de la tête ! Mais, je vais devoir lever le pied, car cet embout reste moins solide et le risque de démâtage important.
Nous voilà repartis, tellement impatients de couper la ligne que plusieurs d´entre nous mordent la ligne de départ. C´est donc un rappel général !
les fauves étaient de nouveau lâchés, quittant Funchal pour Bahia
(Photo Pierrick Garenne/Grand Pavois)
Sur le second départ, deux bateaux mordent encore la ligne, ils doivent faire demi-tour pour couper de nouveau la ligne et écopent d´une pénalité, ça ne rigole pas !
La météo prévoit encore de tous petits airs mais, pour le moment, nous quittons l´archipel de Madère sous genaker.
superbe départ de Funchal pour Sigrid
(Photo Pierrick Garenne /Grand Pavois)
A la nuit tombée, le vent faiblit effectivement, j´ai choisi une option Est pour retrouver du vent plus rapidement.
Suivant un des conseils de Tomacho, un pote qui a couru en 1991, je ne vais pas passer dans l´archipel des Canaries, d'autant que le vent est de nouveau établi. Il n'est pas
nécessaire, d´aller chercher encore plus de vent, là-bas.
J´empanne donc en début de nuit et j'atterris sur la route directe vers le Cap Vert. Grand spi, 17 nœuds, tout roule même si je sais que c´est le moment où la flotte se sépare et que je
doute de mon option...
Au petit matin je vois l´île de Las Palmas, je suis à 10 milles dans son Ouest. Dans la nuit, le vent monte, mais surtout, la mer se forme, très mauvaise, mon mât va-t-il tenir?
Je ne peux pas rester à l´intérieur, les craquements de mon bateau sont trop angoissants. Je préfère rester dehors, pour surveiller mon gréement. Je communique les infos météo à Jelmer qui
n´a pas reçu le bulletin sur as BLU ce matin.
A la VHF c´est l´hécatombe, ceux passés à l’intérieur des îles touchent jusqu’à 45 nœuds... La casse est au rendez-vous, ce n’est vraiment pas fait pour me rassurer!
J’assure depuis le départ mon étai, avec mes drisses de spi, je suis sous-toilée, je suis en mode zéro risque !"
propos rapportés par
Pich
Par pich
-
Publié dans : mer et bateaux
-
5