Lundi 12 novembre 2007
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20:50
La Transat de Sigrid
"Lachez les 89 fauves
!"
Go to Salavador da Bahia
Mardi 18/09
Jour J pour Sigrid et les 88 autres skippers...
"Réveil 5h du mat, j´ai bien dormi, je rassemble mes dernières affaires à embarquer, heureuse de partir enfin. Mon neveu âgé de 3 ans et demi, mon plus grand fan, se réveille pour me donner un
dernier baiser, mon coeur se crispe un peu. Il fait encore nuit sur les pontons et bizarrement il n´y a pas encore effervecence. J´embarque ma soeur pour la sortie, ça me fait vraiment plaisir
de partager ça avec elle.
Tellement concentrées à monter la grand voile, on ne voit même pas le reste de la famille venue nous saluer. Voilà c´est parti, l´impression étrange de ne pas encore complétement réaliser ce
qui va m´arriver ces 2 prochains mois, juste l'envie de vivre ça à fond."
C'est parti pour la Transat 6.50 Charente-Maritime/Baihia,
qui fêtait son 30ème anniversaire.
(Photo Pierrick Garenne/Grand Pavois)
"Je prends un départ "merdique", bloquée derrière Vincent et Thomas, ma drisse de génois est coincée dans les 4 minutes, j´arrive donc
en retard sur la ligne et je ne peux pas me placer comme je le souhaitais.
En fait, je crois que j´étais plus stressée que je ne me l´avoue ! Je continue sur ma lancée catastrophe et je « tricote » assez mal
jusqu´à la bouée de dégagement.
Qu´importe, je fais la couverture du numéro 26 du magazine Course au large, c´est pas la classe ça ? "
Mercredi 19/09
"Je passe l´après midi avec Bénédicte (Graulle) et la nuit je suis entourée de mes petits camarades. On essaie de glisser au sud sous spi, pour sortir le plus vite possible de la dorsale.
le grand spi de Yemaya
J'aurais du renvoyer le grand spi plus tôt, j´ai perdu un peu en fin de nuit : à l´attaque !"
Jeudi 20/09
"Ce matin, je suis passée sur un filet de pêche. Aussitôt, je me pends dans les filières mais, pas de trace de filet dans ma quille. Sous
grand spi, peu de vent, je me traîne lamentablement, le spi de Garcimore passe, de l´état de point vert derrière moi, à devant.
Il y a un problème, j´affale mon spi et je saute à l´eau pour vérifier ma quille, je coupe une première partie du filet mais mon bateau avance toujours et je n´arrive pas à atteindre la quille,
je remonte pour affaler aussi ma grand voile, puis je replonge pour terminer le nettoyage.
Je rage de ne pas avoir réagi plus vite. Je passe la nuit suivante sous petit spi, le bateau est plus stable et je ne perds pas en vitesse."
Samedi 22/09
"D´après les positions données ce matin, je ne suis pas loin de Béné (Bénédicte Graulle), Véro (Véronique Loisel) et Lolo (Laurence Chateau) : tout est jouable, le couteau entre les dents.
Merci Fi pour le kilo de son dans mon ipod, ça aide à garder la pêche et à rester réveillée la nuit.
Je viens de passer Cap Ortegal, un peu sale journée niveau classement. Véro a passé la pointe en fin d´aprem et touche 20 noeuds, alors que moi, je reste dans la molle jusqu´à 20 heures. C´est
drôle, tout le monde parle à la VHF et du coup, il y a pas mal d´infos pour tactiquer.
Je suis alors à 798 milles de Funchal, rien n´est joué, je compte bien attaquer cette nuit, au milieu des cargos..."
Dimanche 23/09
"Hier soir, j´ai fait une cocotte dans mon spi, une fois de plus, parce ce que je me suis énervée ! Je suis en contact VHF avec David et Jean-claude qui m´encouragent. Dans la théorie, il
suffit d´empanner et de laisser les tours se défaire tout seuls en fausse panne. Mais il fait nuit noire, et je ne parviens à le défaire, qu´au petit jour.
J´ai perdu du temps. Aujourdh´hui, c´est attaque sous grand spi avec 20 noeuds à bloc dans les surfs ! Dans l´après midi, je remonte un mini sans spi, c´est Titou qui a cassé son bout dehors.
Il a fait un bricolage pour renvoyer son spi, mais attend un peu moins d´air.
Le vent monte encore, je passe sous petit spi, je ne suis plus qu´à quelques milles de l´arrivée.
Le vent monte encore, mais surtout, la mer devient mauvaise... Je ne suis pourtant pas sur un plateau, je pousse encore un peu, je fais des surfs de "malade", j´avoue que je ne fais pas la
maline, Yemaya saute de vagues en vagues et je "pète" mon record de vitesse avec 17,85 noeuds.
36 km/h, c´est ridicule comme vitesse, mais je vous jure qu´en mini ça fait serrer les fesses. Comment se sent-on à ce moment précis ??? On fait de l´huile. Mettre le pilote pour affaler me
semble impossible, alors je m´accroche à ma barre et m´émerveille de la stabilité du bateau, de son ardeur.
Et oui, c´est pour ça qu´on a signé: un surf de 8 heures en pleine nuit, à l'approche d'une île paradisiaque où tous les potes
nous attendent ! "
"une île où tous les potes nous attendent"
(Photo Pierrick Garenne/Grand Pavois)
Port de Funchal, capitale de l'Île de
Madère
propos rapportés par Pich
à suivre...
Pich
Par pich
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Publié dans : mer et bateaux
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