Transat 6,50
Sigrid est partie
pour Salvador de Bahia
A l'heure à laquelle je rédige cet article, Sigrid Longeau est actuellement en mer avec 87 autres skeepers, pour disputer la deuxième
partie de la Transatlantique des Minis 2007. Aux dernières nouvelles, tous les concurrents étaient encore groupés, attendant des vents porteurs.
Hier samedi, à 12H17 (1 heure plus tard chez nous avec le décalage horaire), le départ de Madère pour Bahia fut donné. Jacques Valente malade, n'était pas au départ, mais ils étaient
encore 88 sur 89 à tenter l'aventure.
Ce seront de 20 à 25 jours et plus de navigation qui seront nécessaires, pour parcourir les 3100 milles, séparant Madère de Salvador
de Bahia. Les bateaux sont partis chargés comme des mulets, avec la nourriture pour tenir le temps de la traversée, à laquelle il a fallu ajouter les 120 litres d'eau
imposés par la Direction de la course.
Sigrid, que sa mère et sa grande soeur avaient rejointe à Funchal, a pris quand même le temps, de nous narrer les péripéties de la
première partie de sa transat, de La Rochelle à Funchal.
Sigrid, tout sourire...
Tout sourire, voici son récit :
-" Pour reprendre depuis le début, notre départ a été retardé du dimanche au mardi. Pas de déception, nous allons partir c’est là
l’important ! Je prends un très mauvais départ, ma drisse de génois est coincée dans les 4 minutes, ma chute de génois n’est pas assez tendue, je me mélange avec mon nouveau palan fin de
bastaque, un allemand me « vire sur la gueule » un autre allemand abat quand il me voit arriver en bâbord… enfin la cata !!! On établit le spi et on respire enfin ! Je passe la nuit à vue de
Bénédicte, je sais que p’tit Seb et Tibo sont à mon vent.
Le deuxième jour, je me fais dépasser par 8 bateaux, je n’arrive pas à faire marcher mon bateau, je rage, me fixe sur mes réglages … pour
finir par découvrir un filet de pêche dans ma quille. Donc bikini et petit plongeon par 3000 mètres de fond pas forcément une partie de plaisir mais je reprends de la vitesse. Le passage du
cap Ortega est stratégique et mes adversaires pas trop loin. Les premiers passent le cap et trouve beaucoup de vent alors que nous sommes plus ou moins coincés, les écarts vont se creuser
!
Chaque matin à 11h, le directeur de course nous informe d’une météo précise centrée sur notre zone et des classements. Apparemment j’ai pas
mal géré la bascule et je suis toujours à courir derrière le peloton ! C’est assez surprenant de passer son temps sous spi et avec pas mal de vent…
Un soir fatiguée, je n’arrive pas à dormir plus de 5 min consécutives, manque de lucidité, j’aurai du abattre plus pour dormir tranquille,
moi je reste sur mon cap, crache 3 jurons à mon spi pour qu’il me laisse en paix 20 min au moins. Effectivement je dors 20 min et quand je sors, je découvre une magnifique cocotte,
c'est-à-dire un énorme nœud dans mon spi que je mets 6 heures à défaire. De rage je me donne 1 journée pour rattraper mon pote David dit Rakham et au classement suivant j’ai atteint mon
objectif, maintenant dans mon viseur M. Marsset).
La dernière nuit est assez rude, au moins 25 nœuds de vent et une sale mer, je suis sous petit spi et un ris dans la grand voile, je surfe
comme une folle et je décroche mon record de vitesse de 17,85 nœuds mais franchement je ne faisais pas la maline. Trop fatiguée je pique du nez et pars au tas, du coup de nouveau une cocotte
: la grosse galère dans ce vent et cette mer, j’ai un peu le moral dans les chaussettes et je pense que mes petits camarades m’ont déjà dépassée.
A 13h j’arrive enfin à démêler mon spi après 12 heures d’effort !!! L’arrivée à Funchal est magnifique, j’arrive à 18h, l’heure de l’apéro,
tout le monde est là pour m’accueillir, la côte est sublime, je viens de passer la première étape, je réalise à peine !
Demain c’est reparti, direction Bahia, les bateaux sont chargés comme des mules, on part dans peu de vent pour retrouver nos copines les
alizées après une grosse journée ! Laissez moi encore plein de messages, ça me fait super plaisir !!! "