Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /Mars /2006 06:00



    Mado élevait des lapins...Aujourd'hui, ils ne seraient pas en semi-iberté dans un enclos, mais très certainement, confinés!

 

 

 

Mes soeurs et moi avions la visite de notre père de temps à autre et cela dura environ un an. Puis un jour, je fus averti que mon père allait bientôt venir me chercher, que j'allais retrouver mes soeurs et que nous serions à nouveau réunis, dans une nouvelle famille.

 

Dans une nouvelle famille?

 

Mon père vint effectivement me chercher et je quittai Cruzille, la Bourgogne, pour me rendre à son nouveau domicile dans le Gâtinais, à La Cour-Marigny, près de Montargis. Durant le trajet en voiture, il m'apprit qu'il avait rencontré une dame qui était veuve de guerre. Elle avait deux enfants, un garçon et une fille plus âgés que moi et voulait  bien s'occuper de nous! Il essaya de m'expliquer que veuf, avec quatre enfants à charge, il ne pouvait pas rester seul très longtemps, et qu'avec la dame en question, il allait certainement se remarier dans un avenir, plus ou moins proche . Soit, mais que voulez-vous qu'un enfant de onze ans comprenne aux choses des adultes?

 

Toujours est-il, qu'arrivés à destination, je fis connaissance de la dame en question, de sa fille aînée et de son fils. Et enfin, je retrouvai  avec la plus grande joie, deux de mes trois soeurs. Il ne manquait que la toute petite dernière qui resta quelque temps encore chez sa nourrice. Nous étions désormais sept, sous ce nouveau toit et à table, matin, midi et soir. Je découvris la chambre que j'allais devoir partager avec Gilou, le fils de Mado, la nouvelle compagne de mon père. Désormais, comme le disaient les filles, c'était la chambre des garçons.

 

Mado élevait des lapins qu'elle vendait pour améliorer l'ordinaire. Autour de la maison, en plus du potager, il y avait beaucoup de terrain, cultivé principalement de luzerne et de carottes fourragères, de quoi nourrir les lapins. Un arpent de vigne donnait, après les vendanges, une piquette qui était mise en barriques dans la cave voûtée, attendant d'être "dépucelées", à l'occasion de leur mise en perce. Dans cette vigne, trois imposants pêchers très prolifiques, nous régalaient de leurs fruits aux couleurs vineuses et à la chair délicieusement parfumée. Il fallait cependant faire très attention avant de les déguster, de ne pas se faire piquer par les guêpes, attirées elles aussi, par les pêches les plus mûres.

 

Enfin, un grand champ d'asperges étendait ses sillons sans fin, butés en dômes, desquels s'élevaient des turions (et il y en avait plus de cent...) qui avaient durci. Ramifiés en une infinité de rameaux verts et décorés comme des arbres de Noël par une myriade de petites boules rouges, ces arbrisseaux mesuraient près de deux mètres de hauteur.

Ainsi était le nouvel environnement, dans lequel je me retrouvai !

       Pich

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Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /Mars /2006 08:14

     

                                        Au revoir mon institutrice préférée. A Dieu mamnan chérie!

 

Maman mit au monde son quatrième enfant, au mois d'avril 1951. Il s'agissait de ma troisème soeur, qui naquit à Bourg-en-Bresse, dans le département de l'Ain. Son état de santé ne lui avait pas permis de mener à terme sa grossesse et ma soeur vit le jour, un mois et demi avant la date initialement prévue. Ma mère souffrait, de plus en plus souvent, d'atroces maux de tête, à tel point, qu'elle fut hospitalisée d' urgence, pour quelques semaines... et, elle décéda, le 2 novembre 1951, des suites d'une sinusite frontale méningée, à l'hôpital de Chalon-sur-Saône. Elle avait tout juste trente deux ans, je n'avais pas encore dix ans et ma plus jeune soeur n'avait que six mois.

 

Quel malheur, quel drame, quelle tristesse, quelle tragédie !  Je ne trouve pas les mots exacts pour définir cette journée funeste. Nous étions au lendemain de la Toussaint et maman nous quittait, le jour de la Fête des défunts qu'elle venait de rejoindre.

 

C'est en pleurs que notre père nous avait appris la triste nouvelle. Il nous communiqua sa peine immense, laquelle nous envahit à notre tour. Nous, les trois enfants, les trois grands...prenions conscience que quelque chose de grave venait d'arriver. Que de sanglots, que de larmes versées à s'en vider corps et âme. Ma petite soeur couchée dans son berceau, la dernière née, se mit à crier et à pleurer aussi, mais ce n'était que pour réclamer son biberon. Les cloches du village avait annoncé tôt le matin, la triste nouvelle et la pluie qui tombait ajoutait à cette tristesse infinie.

 

Dans les tous premiers jours qui suivirent, mes soeurs et moi, nous séjournâmes chez un oncle et une tante. Le temps pour mon père, de faire inhumer maman dans le cimetière de La Genête, et d'effectuer toutes les démarches qu'exigeait sa nouvelle situation. Très vite, la fratrie que nous formions, fut désunie.

 

Ma toute petite soeur fut mise en nourrice à Lacrost. Mes deux autres soeurs cadettes se retrouvèrent dans un établissement appartenant à l'Education Nationale, situé à Changy, village proche de Charolles. Quant à moi, l'école de plein air de Cruzille, près de Tournus, me recueillit. 

 

Nous étions, nous les enfants, devenus pupilles de l'Education Nationale. Deux subrogés tuteurs avaient été désignés, pour veiller sur nous et assister notre père. Tous les établissements qui nous accueillirent étaient des internats. Ce fut une aide importante pour mon père, qui lui permit d'exercer le métier de représentant d'une société qui fabriquait de la belle vaisselle. Mes soeurs et moi avions sa visite de temps en temps.

Cela dura environ un an.

           Pich

 

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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /Mars /2006 08:20



                                    

   C'étaient touches gagnantes à toutes les passes...

 

La bougeotte reprit mes parents, après deux années passées sous le climat tempéré de la Côte d'émeraude, que nous quittâmes pour celui, continental, de la Bourgogne.


A nouveau, des saisons très marquées par des hivers très froids, une bise glaciale et des étés très chauds. La "Marie-Renée" ne fut pas du voyage, mais resta au mouillage à la plage du Béchet à Saint-Briac. Mes parents l'avait vendue à un ami pêcheur du village, qui promit de ne pas la débaptiser.


Au cours de l'été, de nombreux orages menaçants éclatèrent. Les viticulteurs essayaient de "tuer" les nuages de grêle pour protéger leur vignes, en lançant des fusées qui déchiraient le ciel en sifflant et explosaient dans les gros cumulo-nimbus. Il y avait souvent beaucoup de vent ces jours-là. Et, j'en profitais pour courir à perdre haleine, dans le champ d'à côté, pour faire décoller mon cerf-volant. De fabrication maison, il était fait d'une armature légère en bois, recouverte de papier kraft. Une  natte en ficelle de plus d'un mètre de long, ornée de papillotes en papier journal, le décorait.


Dès qu'il décollait, il s'envolait, porté par l'air chaud, s'élevant vers un ciel d'encre, et aussi haut que le permettait la longueur de la ficelle qui me reliait à lui. Alors, je pouvais contempler les arabesques qu'il décrivait dans l'espace, tout en veillant bien à ce qu'il reste en l'air, à l'aide de notre unique lien. Puis, quand j'étais  fatigué de le tenir à bout de bras, venait l'instant toujours délicat du retour sur la terre ferme. Il fallait rembobiner doucement la ficelle pour lui faire perdre, petit à petit, de l'altitude, jusqu'à l'atterrissage en douceur sur l'herbe. Malheureusement, un après-midi, pas comme les autres, vous devinez bien ce qui arriva ? Une rafale de vent déchira le papier kraft de sa voilure, entraînant sa chute brutale dans le pré. L'armature brisée, réduite en petit bois, mon cerf-volant gisait sur le sol !


Ce fut durant l'été 1951, que nous quittâmes Saint-Briac pour venir nous installer à Saunières, village proche de Verdun-sur-le-Doubs, en Saône-et-Loire.

       

 Pich

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Dimanche 19 mars 2006 7 19 /03 /Mars /2006 08:45

                           

 Il y avait souvent beaucoup de vent ces jours-là. Et, j'en profitais pour courir...

 

La bougeotte reprit mes parents, après deux années passées sous le climat tempéré de la Côte d'émeraude, que nous quittâmes pour celui, continental, de la Bourgogne.


A nouveau, des saisons très marquées par des hivers très froids, une bise glaciale et des étés très chauds. La "Marie-Renée" ne fut pas du voyage, mais resta au mouillage à la plage du Béchet à Saint-Briac. Mes parents l'avait vendue à un ami pêcheur du village, qui promit de ne pas la débaptiser.


Au cours de l'été, de nombreux orages menaçants éclatèrent. Les viticulteurs essayaient de "tuer" les nuages de grêle pour protéger leur vignes, en lançant des fusées qui déchiraient le ciel en sifflant et explosaient dans les gros cumulo-nimbus. Il y avait souvent beaucoup de vent ces jours-là. Et, j'en profitais pour courir à perdre haleine, dans le champ d'à côté, pour faire décoller mon cerf-volant. De fabrication maison, il était fait d'une armature légère en bois, recouverte de papier kraft. Une  natte en ficelle de plus d'un mètre de long, ornée de papillotes en papier journal, le décorait.


Dès qu'il décollait, il s'envolait, porté par l'air chaud, s'élevant vers un ciel d'encre, et aussi haut que le permettait la longueur de la ficelle qui me reliait à lui. Alors, je pouvais contempler les arabesques qu'il décrivait dans l'espace, tout en veillant bien à ce qu'il reste en l'air, à l'aide de notre unique lien. Puis, quand j'étais  fatigué de le tenir à bout de bras, venait l'instant toujours délicat du retour sur la terre ferme. Il fallait rembobiner doucement la ficelle pour lui faire perdre, petit à petit, de l'altitude, jusqu'à l'atterrissage en douceur sur l'herbe. Malheureusement, un après-midi, pas comme les autres, vous devinez bien ce qui arriva ? Une rafale de vent déchira le papier kraft de sa voilure, entraînant sa chute brutale dans le pré. L'armature brisée, réduite en petit bois, mon cerf-volant gisait sur le sol !


Ce fut durant l'été 1951, que nous quittâmes Saint-Briac pour venir nous installer à Saunières, village proche de Verdun-sur-le-Doubs, en Saône-et-Loire.

       Pich


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Jeudi 16 mars 2006 4 16 /03 /Mars /2006 09:09

  Le port de Saint-Briac d'après Jacques Coquillay.

 


De Dinard, je garde peu de souvenir, si ce n'est celui du concours international d'épreuves de saut d'obstacles, auquel j'avais assisté accompagné de mes deux soeurs et de mes parents. Depuis ce jour-là, deux noms de cavaliers émérites sont restés gravés dans ma mémoire, ceux de d'Oriola et du chevalier d'Orgeix, qui un an plus tôt, avait obtenu la médaille de bronze en équitation à Londres. Quels talentueux cavaliers, quels beaux chevaux, quel spectacle !

A Saint-Briac, lorsque avec mon père nous partions ou nous revenions de la pêche, il était fréquent, par beau temps, de recontrer un ou plusieurs artistes peintres, en plein exercice de leur art. La beauté du site et les couleurs si particulères du paysage côtier de cet endroit, les attiraient.

Qu'elle est belle aussi, cette Côte d'émeraude !

Intéressé par l'Art en général et par la peinture en particulier, j'appris plus tard que Emile BERNARD fondateur de l'Ecole de Pont-Aven avait peint de nombreuses oeuvres à Saint-Briac, que Paul SIGNAC, Alexandre NOZAL, et Auguste RENOIR y vinrent aussi puiser l'inspiration. Je peux y ajouter aujourd'ui le nom de Jacques COQUILLAY, pastelliste, peintre officiel de la Marine, comme en témoigne une affiche de 1998, qui représente la photographie en couleurs, du pastel qu'il a réalisé du Port de Saint-Briac.

     Pich

sites que je vous recommande:

www.galerie-de-crecy.com   où vous trouverez  des sculptures et pastels de Jacques Coquillay

www.pastellistesdefrance.com    

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Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /Mars /2006 09:07

 

Paquebot à quai, au port de Saint-Malo en 1949

Peut-être s'agit-il du Bac qui faisait la navette de Dinard à Saint-Malo, mais je n'en suis pas certain?

 

 

 

 

De temps à autre, mes parents nous emmenaient à Dinard où nous embarquions sur une des Vedettes Vertes, pour nous rendre à Saint-Malo.

De la cité malouine, j'ai gardé le souvenir d'une ville meurtrie, abîmée par la guerre, pleine de cicatrices encore fraîches. En effet, nombreux étaient les bâtiments et les édifices gravement endommagés par les bombardements. Sans compter ceux qui avaient carrément été réduits à néant et dont, seuls les emplacements au sol, étaient encore visibles.

Maman m'expliqua que cette ville connut au mois d'août 1944, un véritable enfer. Durant une semaine, ce fut, parait-il, l'apocalypse. Un cyclône de flammes et d'acier s'abattit sur elle. Et lorsque les allemands capitulèrent au soir du 14 août, la ville n'était plus qu'un brasier et un champ de ruines.

La reconstruction de Saint-Malo venait tout juste de commencer depuis quelques mois, car les dégats causés avaient nécessité des travaux gigantesques de déblaiement. Ce grand nettoyage avait duré un an et demi, avant que les premiers chantiers puissent voir le jour et entamer la reconstruction de la cité.

Il était donc bien normal que subsistent tous ces stigmates. Cependant, nous avions pu visiter le musée Quic-en-Grogne. Au cours de cette visite, je découvris l'existence d'hommes illustres nés à Saint-Malo: Jacques CARTIER l'explorateur en 1491, DUGUAY-TROUIN le corsaire du roi Louis XIV en 1673 et SURCOUF le tigre des mers en 1773.

Une dernière image de ces visites, celle de trois individus, dissimulés à l'intérieur de bouteilles de la taille d'un homme, déambulant près du port, pour "vanter" une marque de boisson, dont je n'ai pas souvenance du nom.

Ce n'était pourtant pas, le début des "embouteillages" urbains? Des hommes, marcher d'une façon bizarre dans la rue, après avoir vidé moult bouteilles, j'avais déjà vu...Mais des bouteilles, marcher dans la rue... c'était bien la première fois! Sans doute était-ce les premiers pas de la publicité, portée par des hommes-sandwiches?

Et je me dis que ceux rencontrés ce jour-là, ont dû, depuis, prendre de la bouteille, sans devenir pour autant, de grands crus...!

Pich

 

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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 08:52

   Mon camarade de classe entre mes deux soeurs et moi à droite, tous au milieu des fleurs, sur l'île Agot. 


"La Marie-Renée" n'avait pas de moteur pour se mouvoir mais seulement une paire de rames. Elle semblait  perdue sur cette  mer qui me paraissait immense. Vue de  la grève, ce bateau de pêche dénommé plate, faisait penser à une coquille de noix voguant sur les flots.


Pourtant, nous allions à plusieurs miles de la côte pour pêcher. Mon père posait des lignes  de fond et des casiers qui étaient attachés à des bidons en ferraille de cinq litres, vides, qui restaient en surface. Après avoir garni d'appâts les hameçons, les lignes étaient mises à l'eau, lestées de gros plombs pour éviter qu'elles ne dérivent trop loin. Ensuite, venait le tour des casiers.

Les lignes étaient relevèes, une demi-heure apès avoir été posées. Les poissons qui avaient mordu et restaient pris aux lignes, intacts, étaient décrochés et mis en bourriche. Ceux qui avaient été attaqués par les crabes, étaient jetés par-dessus bord.  La ligne était aussitôt réarmée et remise à l'eau. Nous prenions des vielles, des merlans et des aiguilles de mer.

Posés la veille, les casiers étaient relevés le lendemain et vidés de leurs visiteurs, des crabes et des araignées essentiellement. Pourvus de nouveaux appâts frais, ils étaient remis à l'eau. Dans toutes ces opérations de pêche, je n'étais que spectateur, mais je ne perdais pas une miette des faits et gestes de mon père. J'étais un spectateur très attentif.

Mais je n'accompagnais mon père à la pêche que par petite mer, car la côte rocheuse, devenait très dangereuse par mauvais temps.

Il me revient encore que par une belle journée ensoleillée, ce devait être au mois de juin, toute la famille avait embarqué sur "La Marie-Renée", pour aller pique-niquer sur l'île Agot, appelée aussi île aux fleurs. Un de mes camarades de classe  nous accompagnait. L'île Agot était à plusieurs miles de la côte.

Partis tôt le matin, nous y avions passé une très agréable journée et fait provision de beaux bouquets de fleurs sauvages multicolores et odorantes. Au retour, alors que nous approchions de la grève, un coup de vent déposséda ma mère de son chapeau de paille, qui passa par dessus bord. Maman réussit, tant bien que mal, à le récupérer à cause du courant. Ce fut l'unique fois où mon père emmena toute sa famille en mer, sur "La Marie-Renée".

Je crois bien me souvenir que de nous six: papa, maman, mes deux soeurs, mon copain et moi, seul mon père savait nager. Et, je ne me souviens pas que nous fussions équipés de gilets de sauvetage, pour effectuer cette ballade en mer.

Mais bon...nous rentrâmes sans encombre à la maison, qui fut abondamment fleurie par les nombreux bouquets de fleurs sauvages cueillies sur l'île Agot, dont les parfums frais et subtils embaumèrent toutes les pièces .

             Pich

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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /Mars /2006 09:05

            Plates au mouillage, plage du Béchet à  Saint-Briac et de droite à gauche,
                        mes deux soeurs et moi, coiffé d'un béret 

Quand je vis le jour le 2 mars 1942, le nom de famille de ma mère devint mon prénom. Puis, dans les cinq années qui suivirent, deux soeurs vinrent rejoindre l'aîné que j'étais.

Le foyer familial comptait désormais cinq âmes, bien que le médecin de famille eut conseillé à ma mère, après la naissance de la première de mes soeurs, de ne plus avoir d'enfant. Je me souviens bien, qu'après la naissance de ma seconde soeur en 1946, maman fut, de plus en plus souvent, absente de sa classe. L'Education nationale dut  d'ailleurs  pourvoir à son remplacement.

Maman obtint pour la énième fois une nouvelle mutation, toujours pour raison de santé. Toute la famille déménagea pour aller s'installer au bord de la mer à Saint-Briac en Ile et Vilaine, à l'école des filles. Ce devait être en 1949.

Nous avions effectué le voyage avec l'automobile de mes parents, une Rosengart LR 500. Partis  très tôt le matin de Bourgogne, nous arrivâmes en fin de journée sur la Côte d'émeraude où, pour la première fois, je découvris la mer.

Quelle émotion, mais aussi, quel bonheur!

Pour la première fois également, et durant toute l'année scolaire, je n'eus plus ma mère pour institutrice, mais un maître d'école.

Mon père trouva une place de vendeur de fromages. Avec sa voiture, il alimentait les épiceries, principalement en gruyère, dont il avait toujours plusieurs meules en stock. Il les débitait au fur et à mesure de la demande.  Sa clientèle exerçait à Dinard et à Saint-Malo.

Le reste de son temps libre, mon père le consacrait à la chasse et à la construction de son bateau.

Il avait installé son chantier naval sous le préau de l'école où il construisait, tout seul, une plate, petite embarcation typique qu'utilisaient les pêcheurs locaux. Il  lui fallut plusieurs mois, pour en achever la construction.

Avant de procéder à sa mise à l'eau, mon père la baptisa " La Marie-Renée", prénoms de ma mère et la mit au mouillage, à la plage du Béchet à Saint-Briac.

      Pich

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Mardi 7 mars 2006 2 07 /03 /Mars /2006 07:12

                                  Mes parents, unis pour le meilleur et pour le pire...

En effet, j'appris plus tard que les relations entre mon père et ses beaux-parents furent orageuses et, par voie de conséquence, celles de ma mère et de ses parents, difficiles.

Mes grands-parents maternels n'étaient pas favorables du tout, au mariage de leur fille avec mon père, qui faisait partie d'une fratrie de quatorze enfants,  dont les parents n'avaient aucun bien.

Ils n'accompagnèrent pas leur fille à la cérémonie de son mariage, qui fut célébré au mois de juillet 1941, à la mairie de Brienne, village où vivait mon père, chez sa mère. J'appris également par sa soeur, ma marraine, que maman était absente aux obsèques de sa mère.

Le contentieux était donc grand entre eux.

Mon père, boucher de son métier, était souvent sollicité pour abattre et débiter clandestinement des animaux de bouche, dont la viande alimentait les gens, mais aussi... le marché noir!

Ma grand mère maternelle avait écrit une lettre anonyme, pour dénoncer mon père auprès des autorités allemandes locales. Elle avait chargé son autre fille d'aller remettre ce pli à son destinataire. Mais après que  ma tante  eut traversé, à bicyclette, le pont qui enjambe la Saône et sépare Lacrost de Tournus, elle "tomba" sur un contrôle de gendarmerie. L'enveloppe sur laquelle figurait l'adresse où elle se rendait, lui fut confisquée.

La chance voulut que cette lettre ne parvienne jamais à son destinataire, mais se retrouva entre les mains de l'un des reponsables locaux de la résistance qui vint voir ma mère à son domicile, à l'école. Il lui fit lire cette lettre qui dénonçait nommément mon père, pour abattage clandestin. Bien que non signée, maman reconnut immédiatement l'écriture de sa propre mère.

On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses parents...mais rien aurait pu empêché les miens de s'unir, tant ils s'aimaient. Et puis, j'étais en route...!

Et quand je vis le jour, le 2 mars 1942, le nom de famille de ma mère, devint mon prénom.

          Pich

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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 10:21

                             maman me tenant dans ses bras

Aussi,  grâce à l'éducation reçue de ma mère, je sus lire et écrire couramment, dès l'âge de six ans, alors que mes petits camarades de classe découvraient  l'école et le cours préparatoire. Nous étions nombreux dans la classe et maman, comme tous les enseignants, à cette époque, devaient dans la même salle de classe, dispenser son savoir, adapté à chaque niveau. Il y avait  le cours préparatoire, puis  le cours élémentaire, suivis des cours moyens  première et deuxième année et enfin, la classe de certificat d'étude. Une seule matière nous était à tous dispensée, quelque soit notre niveau et notre âge, dès l'entrée en classe le matin, c'était la "Leçon de morale". 

Mes cousins germains Marcel et Jacques eurent également ma mère pour institutrice à Préty, petit village proche de Tournus, après avoir traversé la Saône.

 

Soixante quatre ans après, l'école semble ne pas avoir changé:toujours la même   façade et la même cour de récréation.

Toujours la même église à côté et sa place protégée par l'ombre de l'immense platane, arbre remarquable, plusieurs fois centenaire. Que de coeurs insérés d'initiales et de prénoms, transpercés par les flèches de Cupidon, ont été dessinés dans son écorce. Que de promesses d'amour  ont grandi  avec lui, et restent gravées à  tout jamais sur son tronc.

Aujourd'hui, Préty est un village embelli par son fleurissement. Chaque année, depuis dix ans maintenant, il se distingue, remporte régulièrement des succès et reçoit des récompenses, aux concours départementaux et régionaux de fleurissement.

Ces distinctions sont le fruit du travail effectué bénévolement par l'association "Préty pierres et fleurs", présidée et animée  par mon cousin Marcel, depuis près de dix ans maintenant.

Une seule image forte de l'époque de ma petite enfance, vécue ici, est restée gravée dans ma mémoire: celle d'un soldat allemand en uniforme, casqué et botté, le fusil à l'épaule,  "faisant les cent pas" dans la cour de l'école. Il arpentait cette cour de récréation, de long en large, tandis qu'une pie sautillait, voletait, gracieuse et impertinente, cherchant de quoi manger.

Ce devait être pendant les grandes vacances, alors que mon père,  prisonnier, avait réussi à se sauver avec un copain et rejoint la résistance qui s'organisait. Il était activement recherché par la Gestapo et l'école où nous habitions, ma mère, ma soeur et moi, était sous surveillance.

J'étais vraiment petit, et à part ce soldat allemand déambulant dans la cour de l'école, il ne me reste que deux autres images de cette guerre qui touchait à sa fin. Celle de la gare de Tournus en feu et  d'une nuée d'avions dans le ciel, dont le bourdonnement des moteurs ressemblait à celui d'un essaim d'abeilles.

C'étaient les américains!

Ma mère fut mutée, année après année, successivement, de Préty à Messey sur Grosne, puis à Savianges, et à Cuiseaux. Sans doute était-ce à cause de sa santé fragile, que nous déménagions dans le même département, presque tous les ans?

Je n'en suis pas certain...!

     Pich

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  • Pich
  • Et...passer le pont!
  • Homme
  • Photo Nature Peinture Mer Bateaux
  • Artiste-peintre, photographe,je peins des marines et imprime certaines de mes photos sur toile, devenant de vrais tableaux. J'aime la mer et l'île de Ré où j'habite.J'anime la communauté "Reportages marins" regroupant 74 blogs à découvrir.

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