Chose promise, chose due. Je vous disais mardi dernier, que dès que je le pourrai, j'essaierai de me rendre
dans le nord de l'île. Ce que je fis hier matin, mercredi 3 mars.
Ayant appris que tout le secteur de Trousse-Chemise, aux Portes, avait été envahi par les eaux,
je pris la route principale de l'île, espérant pouvoir rejoindre le petit bois de Trousse-Chemise. En chemin, je rencontrai de nombreux pompiers affairés, ça et là, au
pompage de l'eau de mer. Je croisai et doublai, de nombreux camions et fourgons, de la SAUR, des équipes d'ERDF, de la gendarmerie, de la police municipale et des
personnels des services techniques municipaux. Le premier constat visuel que je fis, c'est que partout, il y avait encore beaucoup d'eau, dans les vignes et dans les
champs, aux alentours des villages. Mais, je pus continuer, sans encombre mon périple, jusqu'à la patte d'oie où l'on tourne à gauche, pour aller visiter le Phare des Baleines. Là, les tuyaux
de pompage barraient la route, mais les pompiers avaient mis en place ce qu'il fallait pour que les véhicules puissent passer, les gendarmes étaient présents à leur côté, pour régler la
circulation. Je continuai ma route jusqu'à destination et garai mon véhicule, sur le parking de Trousse-Chemise. Il n'y avait personne. La mer s'était donc retirée, d'autant que c'était marée
basse.

l'allée balisée conduisant à la plage de Trousse-Chemise
J'empruntai le chemin balisé conduisant à la plage.

Du sable à perte de vue, et la mer au loin.


Mais, toujours le même spectacle désolant, de pins ou de chênes verts couchés, victimes des assauts de
l'océan, qui grignote petit à petit, le célèbre petit bois.
Je pris le chemin du retour et décidai de faire une halte dans le secteur du Martray, la mer étant à marée
basse, pour voir de plus près, les dégâts occasionnés par Xynthia, à la digue du Martray, et l'état d'avancement des travaux de sa reconstitution provisoire.

cette partie-ci de la digue avait complètement été éventrée,
dans la nuit du 28 février 2010
Quelle force pour remuer ainsi un tel bloc !

et derrière la digue, les bancs à huîtres du Martray
Après cet arrêt, je repris la route, bien décidé à vérifier, avant de rentrer à La Flotte, si le beau
village de Loix était toujours isolé du monde ?
Bien m'en prit. Certes l'eau, partout, était encore omnipésente, mais il était possible d'arriver
jusqu'au village. L'accès au port par la route qui y conduit, était
barré. Les champs de culture, la vigne et l'oliveraie étaient toujours sous les
eaux.
l'accès au port par la route était fermé, mais en continuant sur la gauche, on pouvait accéder au village
les cèpes de vigne avaient encore les pieds dans l'eau

les champs et prés étaient toujours inondés
les oliviers avaient aussi les pieds dans l'eau salée
Au retour, une déviation avait été mise en place, justement, avant la route qui conduit au Phare des
Baleines. Je l'empruntai puis, tournai ensuite à gauche, traversai un quartier de Saint-Clément et rejoignis la route principale.
En arrivant à la hauteur de la station Total précédant le carrefour de La Couarde, je vis en
passant que bien que les pompiers étaient en pleine action de pompage, les rues de La Couarde, proches de ce carrefour, étaient toujours inondées.
Néanmoins, je rentrai quelque peu rassuré, ayant pu mesurer combien était grande la solidarité face au
raz-de-marée qui a submergé notre île et combien nous devions à tous les services de secours et à ceux et celles qui les ont organisés.
En effet, dès lundi matin déjà, une dizaine de véhicules des pompiers de l'unité d'instruction et
d'intervention de la sécurité civile de Brignoles dans le Var, forte de 50 hommes, étaient à pied d'oeuvre dans les ports de La Flotte et de
Saint-Martin-de-Ré. Venue de Mont-de-Marsan dans les Landes, une équipe des services de secours
et d'incendie était également à pied d'oeuvre à Ars-en-Ré. Quant aux pompiers de l'Île de Ré, ils sont intervenus dans toutes les communes de notre île et continuent à le
faire. Les équipes de la sécurité civile ont contribué à l'installation de nombreux
groupes électrogènes, épaulées par celles des services d'ERDF. A tous, un grand coup de
chapeau et un grand merci de la part de tous les Rétais.
Il faudra encore du temps, pour que les affres de Xynthia aient disparu, et il ne faut pas oublier tous ceux
qui ont tout perdu. D'ailleurs, je me suis arrêté à la mairie de La Flotte, pour déposer des vêtements préparés par mon épouse, qui pourront servir à quelques-uns de ceux ou
de celles, qui n'ont même plus rien à se mettre sur le dos.
Pich