Ayant appris que tout le secteur de Trousse-Chemise, aux Portes, avait été envahi par les eaux, je pris la route principale de l'île, espérant pouvoir rejoindre le petit bois de Trousse-Chemise. En chemin, je rencontrai de nombreux pompiers affairés, ça et là, au pompage de l'eau de mer. Je croisai et doublai, de nombreux camions et fourgons, de la SAUR, des équipes d'ERDF, de la gendarmerie, de la police municipale et des personnels des services techniques municipaux. Le premier constat visuel que je fis, c'est que partout, il y avait encore beaucoup d'eau, dans les vignes et dans les champs, aux alentours des villages. Mais, je pus continuer, sans encombre mon périple, jusqu'à la patte d'oie où l'on tourne à gauche, pour aller visiter le Phare des Baleines. Là, les tuyaux de pompage barraient la route, mais les pompiers avaient mis en place ce qu'il fallait pour que les véhicules puissent passer, les gendarmes étaient présents à leur côté, pour régler la circulation. Je continuai ma route jusqu'à destination et garai mon véhicule, sur le parking de Trousse-Chemise. Il n'y avait personne. La mer s'était donc retirée, d'autant que c'était marée basse.

J'empruntai le chemin balisé conduisant à la plage.

Du sable à perte de vue, et la mer au loin.




Je pris le chemin du retour et décidai de faire une halte dans le secteur du Martray, la mer étant à marée basse, pour voir de plus près, les dégâts occasionnés par Xynthia, à la digue du Martray, et l'état d'avancement des travaux de sa reconstitution provisoire.


Bien m'en prit. Certes l'eau, partout, était encore omnipésente, mais il était possible d'arriver jusqu'au village. L'accès au port par la route qui y conduit, était barré. Les champs de culture, la vigne et l'oliveraie étaient toujours sous les eaux.



les oliviers avaient aussi les pieds dans l'eau salée
Néanmoins, je rentrai quelque peu rassuré, ayant pu mesurer combien était grande la solidarité face au raz-de-marée qui a submergé notre île et combien nous devions à tous les services de secours et à ceux et celles qui les ont organisés.
En effet, dès lundi matin déjà, une dizaine de véhicules des pompiers de l'unité d'instruction et d'intervention de la sécurité civile de Brignoles dans le Var, forte de 50 hommes, étaient à pied d'oeuvre dans les ports de La Flotte et de Saint-Martin-de-Ré. Venue de Mont-de-Marsan dans les Landes, une équipe des services de secours et d'incendie était également à pied d'oeuvre à Ars-en-Ré. Quant aux pompiers de l'Île de Ré, ils sont intervenus dans toutes les communes de notre île et continuent à le faire. Les équipes de la sécurité civile ont contribué à l'installation de nombreux groupes électrogènes, épaulées par celles des services d'ERDF. A tous, un grand coup de chapeau et un grand merci de la part de tous les Rétais.
Il faudra encore du temps, pour que les affres de Xynthia aient disparu, et il ne faut pas oublier tous ceux qui ont tout perdu. D'ailleurs, je me suis arrêté à la mairie de La Flotte, pour déposer des vêtements préparés par mon épouse, qui pourront servir à quelques-uns de ceux ou de celles, qui n'ont même plus rien à se mettre sur le dos.
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